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18/02/2014

Apatheia

echelle.png« Voici que, malgré mon ignorance profonde, malgré les ténèbres épaisses que mes passions répandent sur mon esprit, malgré enfin les ombres de la mort de mon corps, j'ai la témérité et la hardiesse de parler du ciel terrestre. Or si les étoiles sont le superbe ornement du firmament, les vertus sont celui de la tranquillité du cœur. C'est pour cette raison que je pense et dis que la paix ou la tranquillité de l'âme n'est rien d'autre sur la terre qu'un véritable ciel dans lequel une âme qui le possède, ne considère plus les ruses et la méchanceté des démons que comme des jeux et de vains amusements. 

Il est donc vraiment délivré et maître en même temps de tous les troubles et de toutes les agitations de son âme, l'homme qui a purifié sa chair de toute sorte de taches et de souillures, et qui, par ce moyen, l'a rendue, en quelque façon, incorruptible; qui a su élever ses affections et ses sentiments au dessus des choses créées, et soumettre tous ses sens à l'empire de la raison et de la foi ; qui enfin, par une force surnaturelle, a pu placer son âme face à face devant Dieu et la lui consacrer avec une délicieuse confiance.  […]

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Or les personnes auxquelles Dieu a daigné accorder cette grâce si sublime, quoique revêtues d'une chair fragile, deviennent et sont des temples vivants de la Divinité, qui les dirige et les conduit dans leurs paroles, leurs actions et leurs pensées, et qui, par les lumières abondantes dont elle éclaire leur esprit, leur fait exactement connaître quelle est son adorable Volonté; et, supérieures à toutes les instructions des hommes, ces âmes fortunées s'écrient dans les sentiments d'un ravissement céleste : « Mon âme est toute brûlante de soif pour mon Dieu, qui est le Dieu fort et vivant; quand viendrai-je et quand paraîtrai-je devant la Face de mon Dieu ? » (Ps 41,3) ; et elles ajoutent : « Je ne peux plus supporter la violence du désir qui me presse ; ô mon Dieu, je désire, je cherche et je demande cette beauté immortelle que Tu m'avais donnée avant cette chair de boue. »
[…]
Soyez bien persuadés que cette paix est, en quelque sorte, la cour et le palais du Roi des cieux : or dans ce palais comparable à une grande cité, il y a différentes habitations pour les âmes justes : le mur qui entoure cette nouvelle Jérusalem, c'est la rémission de nos péchés. Courons donc, ô mes frères, arrivons jusqu'au lit qui nous est préparé dans ce palais céleste : nous devons y trouver un repos parfait. »

Saint Jean Climaque, L’Échelle sainte, vingt-neuvième degré.