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04/02/2014

L'accomplissement du temps

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« Un écrit dit : Le plus grand don est que nous soyons enfant de Dieu et qu'il engendre en nous son Fils. Ne doit rien engendrer dans soi l'âme qui veut être enfant de Dieu et en qui le Fils de Dieu doit se trouver engendré, dans elle rien d'autre ne doit s'engendrer. Jamais rien ne le satisfait que d'engendrer son Fils en nous. L'âme non plus ne se satisfait d'aucune façon que le Fils de Dieu ne se trouve engendré dans elle. Et là bondit la grâce. La grâce se trouve là infusée. La grâce n'opère pas ; son œuvre, c'est son devenir. Elle flue hors de l'être de Dieu et flue dans l'être dans l'âme, et non dans les puissances. Lorsque le temps fut accompli, alors la grâce se trouve engendrée. Quand y a-t-il accomplissement du temps ? Lorsqu'il n'y a plus de temps. Qui dans le temps a établi son cœur dans l'éternité, et pour qui toutes choses temporelles sont mortes, c'est là l'accomplissement du temps. J'ai dit une fois : Il ne se réjouit pas en tout temps celui qui se réjouit dans le temps. Saint Paul dit : « Réjouissez-vous en Dieu en tout temps. » Il se réjouit en tout temps celui qui se réjouit par-delà le temps et hors du temps. »

Maître Eckhart, Les Sermons, Sermon §11.

02/02/2014

Le bon usage de la raison

d.png« C'est cette liaison intime de l'homme avec la vérité par essence qui abreuve l'âme des eaux délicieuses de l'intelligence, et sans lui faire chercher son bonheur à voir des images, elle lui prouve la jouissance de réalités dont la série est éternelle, et qui dès lors se varient sans cesse. Et pendant que le corps, assujetti à des changements continuels, au dépérissement et à la dissolution du sensible, s’approche de sa fin, elle lui fait trouver une nouvelle vie dans cet être simple dont le corps n’est que l'enveloppe grossière. Pendant que celui-ci dépérit, l’autre se fortifie ; pendant qu’il se décompose, l'autre s'accroît ; pendant que l'un n'agit plus qu'avec peine, l'autre a pris de nouvelles ailes comme l’aigle ; pendant que l'un souffre, l'autre est dans la joie ; pendant enfin que l'un meurt, l'autre commence à vivre. C’est par le bon usage de sa raison que l'on parvient à cette vie heureuse, seule digne de captiver l'homme. En suivant ces principes, la découverte d'une vérité et surtout une bonne œuvre sont supérieures à toutes communications possibles. » 

Louis-Claude de Saint-Martin, Traité des communications