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18/03/2014

De la doctrine de la Vérité

01.png« Ô Vérité, qui êtes Dieu, faites que je sois un avec vous dans un amour éternel ! Souvent j'éprouve un grand ennui à force de lire et d'entendre ; en vous est tout ce que je désire, tout ce que je veux. Que tous les docteurs se taisent, que toutes les créatures soient dans le silence devant vous : parlez-moi vous seul.

Plus un homme est recueilli en lui-même, et dégagé des choses extérieures, plus son esprit s'étend et s'élève sans aucun travail, parce qu'il reçoit d'en haut la lumière de l'intelligence. Une âme pure, simple, ferme dans le bien, n'est jamais dissipée au milieu même des plus nombreuses occupations, parce qu'elle fait tout pour honorer Dieu et que, tranquille en elle-même, elle tâche de ne se rechercher en rien. Qu'est-ce qui vous fatigue et vous trouble, si ce n'est les affections immortifiées de votre cœur ?

L'homme bon et vraiment pieux dispose d'abord au-dedans de lui tout ce qu'il doit faire au-dehors ; il ne se laisse point entraîner, dans ses actions, au désir d'une inclination vicieuse mais il les soumet à la règle d'une droite raison. Qui a un plus rude combat à soutenir que celui qui travaille à se vaincre ? C'est là ce qui devrait nous occuper uniquement : combattre contre nous-mêmes, devenir chaque jour plus forts contre nous, chaque jour faire quelques progrès dans le bien. Toute perfection, dans cette vie, est mêlée de quelque imperfection : et nous ne voyons rien qu'à travers une certaine obscurité. L'humble connaissance de vous-même est une voie plus sûre pour aller à Dieu que les recherches profondes de la science. Ce n'est pas qu'il faille blâmer la science, ni la simple connaissance d'aucune chose ; car elle est bonne en soit, et dans l'ordre de Dieu ; seulement on doit préférer toujours une conscience pure et une vie sainte. Mais, parce que plusieurs s'occupent davantage de savoir que de bien vivre, ils s'égarent souvent, et ne retirent que peu ou point de fruit de leur travail.
[…]
Oh ! Que la gloire du monde passe vite ! Plût à Dieu que leur vie eût répondu à leur science ! Ils auraient lu alors et étudié avec fruit. Qu'il y en a qui se perdent dans le siècle par une vaine science, et par l'oubli du service de Dieu ! Et parce qu'ils aiment mieux être grands que d'être humbles, ils s'évanouissent dans leurs pensées. (Rm I, 21). Celui-là est vraiment grand qui a une grande charité. Celui-là est vraiment grand qui est petit à ses propres yeux, et pour qui les honneurs du monde ne sont qu'un pur néant. Celui-là est vraiment sage qui, pour gagner Jésus-Christ, regarde comme de la boue toutes les choses de la terre. (Ph 3, 8) Celui-là possède la vraie science qui fait la volonté de Dieu et renonce à la sienne. »

Thomas a Kempis, L'Imitation de Jésus-Christ, « De la doctrine de la Vérité ».

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