Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

31/01/2014

« Il y a dans l'humanité une élite qui cherche Dieu » : Frédéric-Rodolphe Saltzmann (1749-1821) (1/3) [*]

 

3491412150.jpg

 

« Il y a dans l'humanité une élite qui cherche Dieu. Saltzmann [1] en fait partie. A la base de cette recherche, nous constatons fréquemment l'existence d'une expérience personnelle : nous ne cherchons Dieu que lorsqu'il nous a trouvés, a dit Pascal. L'homme est libre de repousser l'appel divin. Saltzmann croit au libre arbitre :

Der freie Wille ist das groesste Geschenk, das der Mensch von Gott erhalten hat [2].

L'homme trouvé par Dieu fait l'expérience de son néant ; il est dégoûté de lui-même, se voit sous les couleurs les plus sombres, et exagère même sa culpabilité. Les Saints parlent de leur vie passée comme d'un abîme de perdition. Dieu s'est révélé à Saltzmann dans la nature, dans sa conscience, par sa Parole et son Esprit, mais aussi, comme nous le remarquions plus haut, par des rêves et des visions. Il y a eu de l'extraordinaire dans son développement spirituel ; il a cru être en relation directe et personnelle avec l'au-delà.

Pour dégager son esprit de son enveloppe corporelle et le rendre sensible à l'action divine, Saltzmann a recours à l'ascétisme ; il rappelle les pratiques des premiers siècles, remises en honneur à Port-Royal ; il jeune fréquemment, en particulier le vendredi. Il traduit un traité de Mme Broune sur "les quarante jours de jeûne de Jésus-Christ au désert". Saltzmann  croit que l'homme qui aspire à la vie divine peut développer cette vie en lui par la solitude ; il lui semble que la diminution de l'amour de la solitude est un indice d'une régression de la vie religieuse. Il fait l'expérience des grands mystiques qui considèrent le désir de changer de lieu comme une tentation.

 [...]

Le chrétien, selon Saltzmann, est protégé par une Providence personnelle et individuelle, et devient à son tour une providence pour son entourage, tel le juste de Sodome. Cette assurance lui donne une paix surhumaine. Saint-Martin, qui fut en une certaine mesure un disciple de Saltzmann, a consigné dans une page remarquable ce qui, selon lui, est l'essence de la vie religieuse : « l'homme n'est pas seulement connu et aimé personnellement de la Providence, il doit vivre en elle et devenir un avec elle. »

Anne-Louise Salomon, F.- R. Salzmann, 1749-1820 - Son rôle dans l'histoire de la pensée religieuse à StrasbourgParis, Berger-Levrault, 1932, p. 86 à 88.

 

 ___________________________________ 

[*] Billet publié initialement le 28/05/13 sur le site de Clavis Aurea.
[1] 
http://www.philosophe-inconnu.com/Amis_disciples/Salzmann.htm
[2] « La volonté libre est le plus grand don que l’homme ait reçu de Dieu»

Les commentaires sont fermés.