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31/01/2014

La gnose est la passiveté des mystiques

Clément-d-Alexandrie-par-André-Thévet-Les-vrais-portraits-et-vies-des-hommes-illustres-grecs-latins-et-païens-1584.jpg« [Saint Clément] dit que le gnostique est spirituel, c'est-à-dire mû par l'Esprit de Dieu : « Il est fait une même chose avec cet Esprit. » Cette unité avec l'Esprit est cette immobilité de l'âme dont parle Cassien, par laquelle s'accomplit ici-bas cette demande de Jésus-Christ à son Père : qu'ils soient un et qu'ils soient consommés dans l'unité ! C'est le mariage mystique, dont le Bienheureux Jean de la Croix et les autres parlent, qui fait que l'âme et Dieu ne sont qu'un même esprit, comme l'époux et l'épouse, dans les mariages sensibles ne sont qu'une même chaire. C'est dans ce mélange de l'âme avec Dieu qu'elle s'accoutume, comme dit notre auteur, à contempler la volonté par la volonté, et le Saint-Esprit par le Saint-Esprit parce que « l'esprit sonde les profondeurs de Dieu, et que l'homme animal ne comprend point les chose de l'Esprit. »

Les expressions de Saint Clément, qui sont si étonnantes, marquent au moins un état où l'âme est mue et déterminée par l'Esprit de Dieu. Il dit que la gnose est inamissible, que le gnostique est contraint d'être bon : qui dit contraint, dit au moins une impulsion étrangère et efficace. Le bien qu'il fait, dit-il, il le fait par la nécessité et non par choix.

Mais remarquez comme il explique cette nécessité qui ne leur laisse aucune volonté propre ni aucun choix, qui le prévient et qui le détermine sans cesse, en sorte qu'il est dans l'état de sainte indifférence que certains mystiques ont appelé involonté propre. Voici son explication qui décide : c'est, dit ce Père, que « le gnostique se marie, boit et mange, si le Verbe le dit ». C'est donc l'inspiration continuelle du Verbe, qui ne lui laisse aucun mouvement propre, et qui le tient dans une nécessité, sans interruption, pour tout le détail de la vie. Tantôt il représente la gnose comme « une lumière qui s'unit à l'âme par une charité inséparable, qui porte Dieu et qui est portée par Lui ». Tantôt il assure que les « pensées de ces hommes vertueux se forment par l'inspiration divine, l'âme étant, en quelque manière, affectée et le vouloir divin étant répandu en elle ». Peut-on rien voir de plus passif dans les auteurs mystiques qui ont écrit sur la passiveté ? Voilà sans doute un état où l'âme est agie.

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Cet état où le Verbe parle et décide sans cesse n'est pas même interrompu pendant le sommeil. Voilà ce que plusieurs mystiques ont dit et ce qui leur a attiré la risée des savants, encore plus que des libertins, et que l'on trouve néanmoins dans un des plus savants Pères de l'Eglise. »

François de Fénélon, La Tradition secrète des mystiques, « 
La gnose est la passiveté des mystiques »,  Arfuyen,  2006 

 

 

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