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31/01/2014

De l'homme extérieur et de l'homme intérieur

aha.png« Celui qui veut parvenir à ce degré de voir le Verbe de Dieu naître sans cesse en lui, comme il est engendré dans l'éternité par le Père céleste, doit se livrer à la préparation suivante.

Il veillera avec soin et une sollicitude de tous les instants sur l'homme intérieur et extérieur.

Pour ce qui concerne d'abord l'homme extérieur, il faudra qu'il l'assujettisse, le courbe, le prosterne, le réduise, dans tous ses sens extérieurs, dans toutes ses forces corporelles, dans toutes les jouissances que sa nature recherche partout, dans la nourriture, dans la boisson, dans le sommeil, en étant assis ou couché, dans le plaisir sensuel, dans la société des personnes, quelles que soient ces dernières, du moment qu'il n'y a pas de nécessité de les fréquenter, seraient-ce des frères ou des sœurs ou d'autres parents.

De même, il faudra faire une guerre à mort aux mœurs corrompues et aux mauvaises habitudes, rejeter toute préoccupation ou sollicitude inutile et extérieure au sujet de la nature et des sens, en se regardant comme mort relativement à tout cela, suivant la parole de l'Apôtre : « Vous êtes morts et votre vie est cachée dans le Christ en Dieu » (Col 3).

1240567_4615462604871_2080300383_nk.jpgQuant à l'homme intérieur, il le dirigera et le transportera, au-dessus de lui-même, en Dieu, sans regarder ni à droite ni à gauche, de manière à pouvoir dire avec l'Apôtre : « J'oublie tout ce qui est derrière moi et je tends tous mes efforts et tout mon être vers ce qui est devant moi, vers le but que je veux atteindre » (Ph 3). Il se tiendra toujours en face de Dieu, prêt à accomplir son bon plaisir, lui ouvrant toutes ses facultés, toute son âme [mentem], au-dessus de tout mode, et en restant dans une profonde humilité et un grand abaissement de tout son être. Il se tiendra comme prosterné aux pieds de Dieu, dirigeant vers Lui, uniquement et purement, ses regards, sans s'arrêter à ses dons, ni à tout ce qui peut en être la conséquence, fixé en Dieu, par-dessus tous les modes. Si bien, que s'il plaisait au Seigneur de le combler de toutes ses faveurs, il devrait continuer à ne voir que son pur néant et à dire : « Ô Seigneur, mon Dieu, je ne cherche absolument rien pour moi, je ne veux que vous, votre bon plaisir et votre gloire. » »

Jean Tauler, Le Livre des Amis de Dieu ou Les Institutions divines, « Comment permettre à Dieu de naître en nous », Arfuyen, 2011.

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